Interview Nzuzi

Arrivé au RWDM depuis le 10 août 2020, Nzuzi, 26 ans, est le co-meilleur buteur du club (7 buts) à égalité avec Rocha. Connu pour ses beaux buts à 40 mètres du rectangle, il avoue aimer jouer dans la profondeur, et prend pour modèle de jeu Mbappé. Venu en Belgique en provenance de la France, son pays, c’est avec bonheur et surprise qu’il a découvert la ville de Bruxelles et l’esprit chaleureux de ses habitants. Sans vous en dire plus, nous vous laissons découvrir par vous-mêmes, l’homme qui se cache derrière ce joueur à la fois enjoué et audacieux.

Où as-tu fait ta formation ?

J’ai beaucoup bourlingué. J’ai été 3 ans à Niort, club dans lequel j’ai signé professionnel. J’ai été joueur à Valenciennes. Durant ma jeunesse, j’ai acquis certaines bases techniques à l’Athletic bilbao. Plus récemment, j’ai été dans un gros club qu’est le PSG avant d’être ici aujourd’hui.

Nous avons constaté que tu fais régulièrement de la boxe, peux-tu nous expliquer les raisons ?

Je fais de la boxe à mon temps libre et cette année, j’ai acquis avec Jean François-Lenvin (coach performance), une base de travail que je n’avais pas auparavant. Avec El Marcouchi, mon coach personnel, je m’entraîne quand je peux. La boxe me fait gagner en énergie, me rend sérieux, me canalise, et m’aide à me structurer sur un terrain de football.

Comment arrives-tu à concilier boxe, football et vie privée ?

Je donne mon temps à la boxe pour m’améliorer sur l’aspect hors football et ça me fait gagner sur le domaine sportif (physique, athlétique, tonicité). Dans la vie privée, grâce à la boxe, je suis moins distrait. Ça me permet notamment d’éviter de rester sur mon lit tout le temps ou de ne rien faire par exemple.

En dehors du foot et de la boxe, quels sont tes autres hobbys ?

J’aime beaucoup les magasins parce qu’autrement, j’aurais été au cinéma ou je serais aller manger une salade avec les amis, mais ce n’est plus possible à cause du covid. Je joue beaucoup à la PlayStation, je regarde beaucoup de séries… bref je m’occupe comme je peux selon le contexte.

Comment vis-tu le confinement ?

J’ai eu l’habitude de vivre seul et c’est un sacrifice que j’ai choisi dans ma vie. Pour moi, ce n’est pas trop dur puisqu’il y a le foot qui m’occupe. D’autres vont en télétravail, pourtant moi, je peux sortir, voir du monde et après je suis à la maison.

Que penses-tu de Bruxelles ?

Je suis agréablement surpris de cette ville et de ses habitants. Je pensais que c’était une ville comme Paris où tout le monde serait tout le temps pressé. Je vis dans un endroit où il y a beaucoup de monde (Avenue Louise), mais c’est calme, comparativement à ce que je pensais. C’est peut-être le covid qui me fait penser ainsi, mais j’ai trouvé ici des gens patients et sympas, par rapport à Paris où ils sont tous pressés, stressés, en folie. Bruxelles est un bon cadre de vie.

Quels sont les endroits de la ville que tu aimes bien ?

J’aime bien le centre-ville car il y a du monde, des magasins, et beaucoup de choses intéressantes. J’aime bien l’Avenue Louise où j’habite car  c’est sympa, c’est beau et c’est touristique. Pour moi qui suis d’origine congolaise (RDC), je me rends souvent à Matonge et ça fait du bien aussi.

Tirer à distance est-ce ta plus grosse qualité dans le jeu ?

Oui on peut le dire. Je préfère parler de la capacité à juger où se trouve le gardien. Par exemple, cette frappe que je mets contre l’OHL (match amical de présaison), contre Deinze ou celle que j’ai mise sur la barre contre Lommel, part du fait que je surprends le gardien qui ne s’y attendait pas. Je discute beaucoup avec l’entraîneur et il me conseille d’être plus efficace. J’aime dribler, provoquer mais je dois faire mieux. Il faut juger les zones de terrain propices et les moments où il faut jouer simple. Il faut donc prendre la bonne décision au bon moment.

Qu’est-ce qui t’a fait venir au club ?

Le RWDM a une grosse histoire et je ne vous cache pas que le fait que l’on remonte en D1B  a été l’atout majeur pour que je signe ici. C’est une énorme chance, pour que je montre mon potentiel au haut niveau.

Comment s’est fait ton intégration dans l’équipe ?

Au début, c’était un peu compliqué parce que j’ai une mentalité parisienne. C’est quelque chose qui dérangeait parfois, et il fallait que je sois un peu discret dans mes agissements. Jean-françois Lenvin m’a donné quelques conseils et l’intégration a finalement été bonne. Après, j’ai mon cousin Mpati dans le club et des amis comme Mehdi Terki, qui m’ont aidé à mieux m’intégrer.

Quelle est la relation avec les autres membres du groupe ? Y a-t-il des clans ?

Dans tous les clubs il y a toujours des clans naturels. Ici, je n’ai pas vraiment ressenti cela. Quand on joue au Uno notamment, tout le monde est ensemble peu importe que l’on soit francophone ou néerlandophone. Après, c’est naturel que la discussion soit plus élaborée entre deux français plutôt qu’avec d’autres membres de l’équipe d’origines différentes. Mais ici, ce n’est pas trop le cas, même si cette tendance naturelle à aller vers ses semblables est bien présente.

Comment vis-tu parfois tes non-titularisations dans l’équipe ?

Je le vis mal parce que je suis un grand ambitieux. Ça peut paraitre arrogant, mais quand j’arrive dans un club, j’essaie d’être le meilleur joueur du noyau. Quand je ne suis pas sélectionné, je suis beaucoup frustré et je me dis que je dois montrer beaucoup plus au coach pour qu’il me titularise.

Comment les surmontes-tu ?

J’ai beaucoup mûri par rapport à mes non-titularisations. Le travail que je fais avec Jean-François Lenvain, me canalise un peu. Oui, il y a une déception, mais je dois la gérer. La phrase qui reflète cela est « la gestion de l’injustice », « Comment dois-je gérer l’injustice ? » Une fois la question posée, je trouve des solutions, et ça me réussit pas mal.

Comment te décrirais tu en tant qu’humain ?

Tout le monde dit un peu que je suis fou, je comprends cet avis, c’est l’image que je donne de moi. Quand j’arrive dans un nouveau club, c’est plus pour avoir des amis que je fais un peu le clown. En fait, je montre ce côté-là de ma personnalité pour que les gens me trouvent rigolo, ça permet de s’intégrer au plus vite. Parfois, ce n’est pas la meilleure solution, je l’ai appris en grandissant. Avec plus de recul, il y a des choses que ferais moins.

Nous te savons très présent sur les réseaux sociaux, quel rapport entretiens-tu avec ceux-ci ?

Les réseaux sont comme un échappatoire qui me permet de m’évader un peu et de faire passer le temps. Certains de mes coéquipiers et même de mes encadreurs disent que j’en abuse un peu. Ce qui est normal, mais c’est un moyen pour moi de me déconnecter un peu. Comme je vous l’ai dit, je vis seul et les réseaux sociaux me permettent d’avoir un peu une vie sociale. Avec les réseaux sociaux, je me sens moins seul. J’essaie un peu de bosser sur ça en évitant d’exposer tous mes faits et gestes sur Snapchat ou sur Instagram.

A quoi renvoie ton tatouage sur la main ?

C’est un passage biblique qui me motive à tout donner sur le terrain. A chaque fois que je monte sur le terrain, c’est une guerre. Chaque match pour moi, c’est une guerre. Et comme je suis croyant, il faut que je demande de l’aide à Dieu pour faire de bons résultats. Voilà pourquoi je me suis tatoué ainsi.

Tu as joué la plupart de ta carrière en France, quelle est la différence pour toi d’un point de vue footballistique avec la Belgique ?

En arrivant en Belgique j’ai beaucoup progressé tactiquement et j’ai encore beaucoup de marge de manœuvre. En France, il y a beaucoup de profils comme moi, où ça va vite et ça percute. En France, c’est technique, physique et fulgurant. En Belgique, c’est structuré et plus tactique. Si j’arrive à combiner ma fulgurance et l’aspect tactique, je pourrais produire des étincelles comme à Westerlo ou à Deinze.

Quel est ton joueur de référence ?

Mon modèle de tout le temps c’est Cristiano Ronaldo. Par rapport à mon football, je m’identifie à Mbappe. Cette efficacité qu’il a de donner et repartir en profondeur m’inspire un peu à faire de même.

Quel est ton match référence cette saison ?

C’est la première mi-temps de Lommel sans la neige (rire). Je me suis senti en jambes et je me suis dit que personne ne pouvait m’arrêter.

Es-tu satisfait de ta saison ?

Je suis un éternel insatisfait. Si je fais un remake de ma saison, je vais regarder les occasions manquées et je ne vais pas en dormir la nuit. Mais après, les gens disent autour que pour une première saison, c’est une bonne saison. Je discute également avec les supporters en privé qui me disent que je suis la révélation de l’année. C’est flatteur, mais je veux tout le temps aller chercher plus.

Quels sont tes objectifs ?

Je voudrais jouer le plus de matchs possibles, être important pour l’équipe. Pour un attaquant, il y a toujours cette fameuse barre de 10 buts que j’espère encore atteindre. Mais ce sera compliqué.

Publié le 16-04-2021 à 7:09
door RWDM

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